Élevage familial de souris de compagnie. Hairless, Fuzz & Show mice.
 
AccueilFAQRechercherS'enregistrerMembresGroupesConnexion

Partagez | 
 

 La nudité chez la souris : nude, hairless et fuzz

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Nélo
Admin
avatar

Nombre de messages : 520
Age : 35
Localisation : Rouen (76)
Date d'inscription : 31/03/2007

MessageSujet: La nudité chez la souris : nude, hairless et fuzz   Mar 18 Aoû - 1:28

La nudité chez la souris

La souris nue fascine et repousse à la fois.
L'aspect atypique et fragile que lui donne son absence de fourrure provoque l'envie irrépressible de la protéger chez ses amateurs et un sentiment de rejet chez ses détracteurs qui la voient souvent comme "anormale" et "effrayante". Certains trouvent même que les souris sans fourrure ont l'air "malade".

Cependant, même si la santé des souris nues est réputée fragile, de manière générale ce n'est pas leur nudité qui est en cause. Parfois la sélection qui a été effectuée par les éleveurs pour conserver cette nudité l'a été, souvent malgré eux, au dépens de la solidité des lignées.

Toutefois, il y a certains problèmes récurrents qui semblent liés à leur absence de pilosité, il ne faut pourtant pas mettre toutes les souris nues dans le même sac, car il existe plusieurs types de nu chez la souris domestique et chaque variété présente des problèmes et des avantages différents qu'il faut absolument connaitre avant de chercher à posséder une telle souris.

A) Trois sortes de souris d'apparence nue :

Le nude est apparu récemment et a été sélectionné en laboratoire pour la recherche principalement dans le domaine de l'immunologie.
Le hairless est étudié depuis plus d'un siècle et élevé, sélectionné et utilisé en laboratoire pour la recherche dans le domaine de la dermatologie (principalement mais pas seulement).
Le fuzz n'est pas du nu à proprement parler mais plutôt une variété à poil ras. Cependant les fuzz sont si souvent confondues avec des nues, que je trouvais intéressant de les associer à cet article pour aider les gens qui le liraient a faire la différence.





a) Le nude, code génétique : nu/nu, situé sur le chromosome 11



extrait du site d'un laboratoire spécialisé dans l'élevage d'animaux destinés à la recherche scientifique a écrit:
La mutation nude est apparue en 1962 dans une colonie de souris albinos non consanguines de l’Hôpital RUCHILL de Glasgow. Cette mutation a été fixée par le Dr RYGAARD sur une souche non consanguine NMRI en raison de sa plus grande viabilité et sa fertilité plus importante.

Cette mutation, identifiée par le Dr GRIST est une mutation autosomale récessive du gène Foxn1 (Forkhead box N1), situé sur le chromosome 11. Elle provoque une aplasie du thymus (totale ou partielle) qui est responsable d’un déficit du système immunitaire. Cette déficience se traduit par une absence de lymphocytes T ; les lymphocytes B restent, quant à eux, fonctionnels.

La mutation est également responsable d’un défaut de kératinisation du follicule pileux et de l’épiderme. Ce défaut se traduit par la présence d’un duvet transitoire qui, lorsqu’il disparaît, entraîne une absence presque totale de pelage.

Aucun lien n’a été établi entre la présence de duvet et le degré d’immunodéficience.

L'aplasie désigne un dysfonctionnement des cellules ou des tissus, qui aboutit à l'arrêt de leur développement, survenant après la naissance. Normalement ce phénomène n'est pas héréditaire, sauf dans le cas où - comme ici - elle est provoquée directement par un gène (mutant ou non).
Le thymus des souris nude ne produit donc plus de Lymphocytes T, ou cellules T, dont le rôle est de repérer puis de détruire les cellules étrangères à l'organisme ou les cellules endommagées voire contaminées (virus).
Il produit cependant des lymphocytes B, ou cellules B, dont le rôle est de fabriquer des immunoglobulines appelées anticorps : ils sont donc responsables de l'immunité humorale (la création d'anticorps circulant dans le plasma et la lymphe, en opposition à l'immunité cellulaire). Ceux-là attaquent directement les éléments pathogènes présent dans l'organisme et n'ayant pas encore pénétré les cellules MAIS seulement à condition de les reconnaitre, il faut que l'organisme y ait déjà été confronté pour que ceux-ci s'activent.

J'ai peut-être mal compris les articles que j'ai lu, qui étaient parfois bourré de vocabulaire scientifique et de codes d'un niveau plus élevé que le mien, mais je demande aux biologistes et autres férus de science de me corriger si je me trompe :
J'ai cru comprendre que bien que les lymphocytes B fonctionnent normalement chez les souris nude, l'absence de lymphocyte T en réduit l’efficacité, posant alors un réel problème d'immunodéficience, dont la gravité varie selon les individus (il est précisé sur le site d'élevage d’animaux de laboratoire, à propos des souris nude qu'elles n'ont pas toutes le même degrés d'immunité.)

Cette souris est utilisée dans de nombreux domaines de recherches : Anticorps monoclonaux : étude et production, Immunologie, Infections expérimentales, Inflammation, Oncologie (on greffe des tumeurs humaines sur des souris nues car il n'y aura pas de phénomène de rejet, pour en observer l'évolution ou tester l'efficacité de traitements expérimentaux), Transplantation : xénogreffe et allogreffe et Virologie.

Les griffes des souris nude (et hairless) poussent sans interruption et plus vite que les souris poilues (ou bien elles les usent beaucoup moins), toujours est-il qu'il faut installer des surfaces granuleuses (briques ou pots en terre) qui pourront leur servir de griffoires dans leurs cages si vous ne voulez pas devoir leur couper les griffes toutes les semaines (demander à un vétérinaire de vous apprendre si vous ne savez pas le faire). Si les griffes ne sont pas entretenues, elles finissent par boucler et provoquer l'écartement des doigts des pattes avant et arrière pouvant à terme déformer les doigts de l'animal et entrainer une souffrance, voire un handicap, il est donc important de veiller au confort de la souris en surveillant la longueur de ses griffes.

Contrairement aux idées reçues et ce qui est écrit dans beaucoup d'articles consacrés aux nude, les souris nude peuvent avoir des poils ET des moustaches. Lorsqu'il est présent, ce duvet résiduel peut être réparti sur l'ensemble du corps, mais sous la forme de poils très fins, presque transparents, mais d'une longueur normale et très écartés les uns des autres, ce qui les rendent invisibles sous un certain éclairage (comme les hairless). Parfois, les souris nude gardent même un "masque" de poils sur le museau et autour des yeux, mais contrairement aux fuzz, cette densité de pilosité ne se retrouve jamais sur les pattes ou l'arrière train.
Lorsque les souris nude conservent leurs moustaches, elles sont lisses et d'une longueur variable (contrairement aux fuzz qui ont des moustaches bouclées et souvent plus courtes que la moyenne, sauf pour les fuzz angora).

Bien qu'ayant une bonne fertilité, il n'est pas conseillé de reproduire ensemble mâles et femelles nues, car les femelles NE PEUVENT PAS allaiter leurs petits. Ce problème est directement lié au gène nude, bien que je n'ai pas encore trouvé comment il joue sur la lactation (production de lait) et/ou l'allaitement (délivrance du lait aux jeunes) des femelles nude, il est noté dans la fiche technique de cette variété que les femelles sont incapables d'allaiter leurs petits.
On conseille donc à celles et ceux qui souhaiteraient en reproduire de passer par des femelles porteuses du gène nude ou encore de prévoir une nourrice pour allaiter les jeunes.

Les nudes (comme les hairless) mangent plus que les souris à fourrure car elles dépensent beaucoup plus d’énergie pour conserver leur corps à la bonne température, il ne faut donc pas mettre ces souris au régime si vous trouvez que la gamelle descend décidément bien trop vite... C'est normal.

Les souris nude sont des animaux qui ont été sélectionné non pas pour leur nudité, qui est seulement une caractéristique secondaire très pratique pour en faciliter l'observation, mais pour leur immunité défaillante. Il s'agit ici de leur caractéristique principale et elle ne peut pas être "améliorée" par la sélection, tout simplement parce que la fonction du gène nude est de détériorer le thymus, l'absence de poil n'en est qu'une conséquence collatérale.
JE DÉCONSEILLE donc à tout les amateurs de souris de reproduire ces animaux pour la compagnie.
Ils ne vivent pas longtemps dans un environnement non-stérile du fait de leur immunodéficience, de plus, ils pourraient être croisé par erreur avec des hairless et produire avec le temps des souriceaux homozygotes nude ET hairless qui cumuleraient les problèmes liés aux deux gènes. Ce n'est pas souhaitable dans le cadre d'une sélection pour la compagnie, car personne n'apprécierait de voir mourir sa souris de compagnie dans les 3 mois après sa naissance (pour dire cela je me base sur des articles scientifiques ayant évoqué ce délais de survie).

J'ajoute ici une photo dont j'ai la certitude qu'elle représente des souris nude, car elle a été prise pour illustrer un article scientifique sur les souris nude et l'on peut observer des différences de pilosité selon les individus. Malheureusement, je n'ai pas le droit de publier cette photo, donc je laisse le lien vers le site d'origine :
Souris nude sur le site "la banque du savoir"

Petite note bonne à savoir : Il existe en laboratoire 2 souches de nude présentant exactement les mêmes caractéristiques : NMRI-nu et BALB/c-nu, à l’exception près que l'une des 2 souches (BALB/c-nu) peut se montrer agressive lors des manipulations. L'agressivité chez la souris peut-être héréditaire et dans le cas de cette souche, il parait évident qu'elle l'est, puisqu'elle a été sélectionnée en même temps que la nudité.





a) Le hairless, code génétique : hr/hr, situé sur le chromosome 14


La mutation hairless est apparue spontanément il y a plus d'un siècle et est observée et étudiée depuis cette époque. C'est dans les années 20 que des lignées ont été sélectionnées pour être élevées en laboratoire et l'on a commencé à identifier plusieurs variants alléliques. Oui, il existe plusieurs "hairless" différents qui dépendent du même gène.
La perte d’un pelage d’apparence normale vers la fin de la troisième semaine de vie post-natale est le caractère marquant de la souris hairless (contrairement au nude qui ne se couvre jamais de fourrure).
La perte de poil commence par le museau et le contour des yeux, puis s'étend progressivement jusqu'à l’arrière train jusqu'à la disparition totale de la fourrure aux alentours de la 3ème semaine après la naissance.

Extrait d'un article scientifique sur la souris hairless a écrit:
Chez la souris, le gène hairless s’exprime dès le jour E11,5 dans l’épiderme embryonnaire. Son activité est notamment détectée au niveau des placodes épidermiques (Les placodes, qui se forment lors du développement embryonnaire, sont des ébauches de cellules.), qui constituent les primordia des vibrisses et des follicules pileux (Un primordium (au pluriel primordia) est une ébauche d'organe, terme normalement réservé à la botanique.). D’autres zones d’expression apparaissent, à des stades plus tardifs (E14,5-E16,5), au niveau du cerveau, de la rétine et des nerfs optiques, ainsi que dans les poumons et dans les épithéliums de la langue et du côlon [ 17]. [...]

Follicule pileux :
L’énigme fondamentale des mutants hairless, qui fascine les chercheurs depuis plus d’un siècle, est que le follicule pileux des mutants homozygotes, après avoir donné un premier poil d’apparence normale, soudain se désintègre en laissant derrière lui deux malformations typiques : des utricules au niveau de l’épiderme (Utricule : du latin "petite outre" = petite cavités dans la peau de la souris, c'est un terme normalement réservé à la botanique.) et des kystes dermiques en profondeur. La première caractéristique observable chez les mutants est un élargissement de la partie supérieure des follicules pileux. Cette dilatation progresse dans le sens proximal et la cavité folliculaire se remplit de matériel corné. L’examen détaillé de l’épiderme mutant indique que la GE et la GI du follicule perdent leur intégrité, et que l’organisation des couches cellulaires est gravement perturbée [ 3] : les gaines se désagrègent, et la tige du poil perd son ancrage. Les utricules, ou petites poches épithéliales remplies de matériel corné et de kératinocytes en dégénérescence, peuvent communiquer ou non avec les kystes profonds [11] ; le nombre et le volume de ces kystes augmentent avec l’âge, et vont donner chez la souris des replis et des rides cutanés typiques pour les variants « rhinocéros ».[...]

Organes affectés chez la souris :
De nombreuses études font état d’anomalies au niveau du système immunitaire chez les mutants hairless : chez des souris hairless âgées de deux mois, les stades tardifs de la différenciation thymocytaire sont sévèrement affectés ; chez les souris Yurlovo, dont l’espérance de vie ne dépasse pas six mois, une involution et une disparition du thymus entre le troisième et le sixième mois ont été observées [9] ; chez les mutants rhino-j, on constate des défauts du système immunitaire, en particulier dans les fonctions des cellules T-auxiliaires et des macrophages, souvent accompagnés d’une atrophie de la région corticale du thymus dès le troisième mois après la naissance [ 22]. En revanche, les souris hairless bald Mill Hill ne présentent aucune anomalie de la différenciation ou de la maturation des thymocytes [11].

Si les mâles hairless et rhino sont apparemment féconds, les mutants rhino Yurlovo perdent leur capacité de reproduction vers l’âge de 4-5 mois, en même temps qu’ils présentent une diminution du poids de leurs testicules [9]. En règle générale, les femelles qui portent des mutations du gène hairless présentent des anomalies de la reproduction mal élucidées, qui vont souvent jusqu’à l’infertilité complète et définitive : ces femelles sont caractérisées par des troubles du fonctionnement des glandes mammaires, ou par des anomalies pathologiques de leur cycle ovarien et du cycle de l’épithélium utérin. De plus, les femelles mutantes présentent des anomalies dans leur comportement maternel : elles ne s’occupent pas de leurs petits, et sont incapables de les nourrir ou de les élever [ 23].

Au niveau du système nerveux central, la rétine, le cervelet et l’oreille interne sont souvent affectées chez les souris rhino : il a ainsi été établi que la couche plexiforme interne et la couche ganglionnaire de la rétine sont fortement réduites chez des individus homozygotes ; l’analyse de la structure du cerveau chez les mutants rhino-j indique que le gène hairless est impliqué dans la maturation et le maintien de la différenciation du cortex du cervelet [ 24] ; chez les mutants adultes, la taille, la morphologie et l’immunoréactivité pour des marqueurs neuronaux (NFP et CB) des cellules de Purkinje sont modifiées, la mutation semblant être liée à une accélération du vieillissement du cervelet [24] ; enfin, au niveau de l’oreille interne, une perte de grands neurones ganglionnaires de la cochlée, accompagnée par des anomalies de l’épithélium sensoriel, a souvent été observée chez les mutants. En revanche, une hyperprolifération de l’épithélium du colon est notée chez les souris hrrh [17] : l’anomalie semble liée à une augmentation du nombre de villosités intestinales et du diamètre de la muqueuse musculaire de l’intestin des mutants.

Cette variété de phénotypes subtils, qui accompagnent la perte du poil, illustre les fonctions multiples du gène hairless au cours du développement, un gène dont la régulation, les partenaires et les cibles sont encore bien méconnus. [...]

En laboratoire, cette souris est surtout utilisée dans le domaine de la dermatologie, pour tester le degrés d’absorption de crèmes pour la peau, des études sur les rides, etc. Mais chaque mutation à son domaine d'étude de prédilection, selon les "tares" qu'elle entraine.

Les griffes des souris hairless (et nude) poussent sans interruption et plus vite que les souris poilues (ou bien elles les usent beaucoup moins), toujours est-il qu'il faut installer des surfaces granuleuses (briques ou pots en terre) qui pourront leur servir de griffoires dans leurs cages si vous ne voulez pas devoir leur couper les griffes toutes les semaines (demander à un vétérinaire de vous apprendre si vous ne savez pas le faire). Si les griffes ne sont pas entretenues, elles finissent par boucler et provoquer l'écartement des doigts des pattes avant et arrière pouvant à terme déformer les doigts de l'animal et entrainer une souffrance, voire un handicap, il est donc important de veiller au confort de la souris en surveillant la longueur de ses griffes.

Contrairement aux idées reçues et ce qui est écrit dans beaucoup d'articles consacrés aux hairless, les souris hairless peuvent avoir des poils ET des moustaches. Lorsqu'il est présent, ce duvet résiduel peut être réparti sur l'ensemble du corps, mais sous la forme de poils très fins, presque transparents, mais d'une longueur normale et très écartés les uns des autres, ce qui les rendent invisibles sous un certain éclairage (comme les nude).
Lorsque les souris hairless conservent leurs moustaches, elles d'une longueur variable, parfois elles sont d'épaisseurs différentes et l'on trouve de courtes et épaisses moustaches presque ondulées à côté de longues moustaches fines et lisses. (contrairement aux fuzz qui ont des moustaches bouclées et souvent plus courtes que la moyenne, sauf pour les fuzz angora). Si les moustaches des hairless tombent, cela se fait en même temps que la mue, dans les 3 premières semaines après la naissance.

Les hairless (comme les nude) mangent plus que les souris à fourrure car elles dépensent beaucoup plus d’énergie pour conserver leur corps à la bonne température, il ne faut donc pas mettre ces souris au régime si vous trouvez que la gamelle descend décidément bien trop vite... C'est normal.

Une éleveuse suédoise spécialisé dans l'élevage de souris hairless avait observé que lorsqu'elle croisait 2 hairless ensemble, elle obtenait des bébés qui développaient une maladie de la cornée, qui s'épaississait, l’œil exorbité finissait par ressembler à un cailloux suintant, ce n'était pas très joli à voir. Elle passait donc systématiquement par des porteurs pour éviter ce problème. En étudiant l'article précédent dans son intégralité, je me suis rendue compte que des modifications de la cornée dues au gène hairless étaient surtout retrouvé chez les hairless "rhino" dont le code génétique est hr/rh, il est évident qu'en croisant deux animaux présentant ce code génétique, on peut finir par obtenir des rh/rh qui selon toute vraisemblance seraient encore plus fragiles.

Les hairless peuvent présenter aussi des problèmes d'immunité, de stérilité, d'allaitement, de l'oreille interne et même de comportement si la souche dont proviennent l'animal vient d'une souche de laboratoire et fait parti de l'une des lignées modifiées par l'homme (modifiées et pas seulement sélectionnées, sur certaines lignées on a inoculé un virus greffé directement sur le gène hairless).
Cependant, comme le hairless est une mutation spontanée qui a été observée par des passionnés avant qu'elle soit utilisée et analysée en laboratoire et que les premières souches n'avaient apparemment pas de troubles de santé particulier, il est presque certain que des descendants de ces lignées existent encore chez les éleveurs particuliers, cependant, il est possible qu'elles aient été croisées avec des spécimens issus de laboratoire.
Une seule mutation hairless de laboratoire ne présente pas de problèmes particulier d'immunité, il s'agit de la souche hairless bald Mill Hill, c'est pourquoi il faut se méfier de l'idée largement répandue sur le net que les hairless n'ont pas de problèmes de santé particulier. Cela dépend de la souche d'origine de ces hairless et malheureusement les éleveurs n'ont généralement pas la possibilité de le savoir et voilà tout le problème pour ceux qui souhaitent en élever pour la compagnie : nous n'avons pas de traces de leurs origines.

J'ai lu quelque-part (mais pas sur un site scientifique) qu'elles étaient aussi plus sensibles à une forme de leucémie.

Visiblement l'éleveuse suédoise dont j'ai parlé précédemment à du récupérer des individus issus d'une souche de "rhino" avec tout les problèmes de santé liés à cette mutation, elle est donc obligée de passer par des porteurs pour obtenir des individus en bonne santé mais en plus, les animaux vieillissent certainement moins bien que d'autres souches plus solides.
Certaines souches ne peuvent pas allaiter leurs petits, d'autre n'ont pas l'instinct maternel et abandonnent leurs petits, cependant ce n'est pas une généralité, les femelles homozygote hairless de certaines souches sont fécondes et peuvent aussi élever leur progéniture.

Les "rhino" sont connues pour produire plus de kystes graisseux sous la peau et elle finit par s'épaissir et former de grosses rides, surtout sur le museau :

Les hairless que l'on rencontre généralement chez les éleveurs sont certainement issus de croisements entre différentes souches de hairless et présentent les problèmes de celles que l'on retrouve dans leur arbre généalogique. Cependant je n'ai jamais observé de hairless aussi plissée que sur la photo du dessus chez un particulier ou un éleveur, généralement elles ressemblent plutôt à ça :

Bien que le hairless soit réputé plus sain et plus solide de santé que le nude, je le déconseille aux éleveurs débutants car le nombre de soucis que peut rencontrer l'éleveur avec cette variété pourraient rapidement le décourager. Entre les problèmes d'allaitement, les maladies rares, la stérilité (observée chez certaines souches de hairless), la sélection peut-être rapidement compromise.
Toutefois, la variété hairless est tout de même le meilleur choix lorsqu'on souhaite élever des souris nues car il reste tout de même des chances de trouver des animaux qui ne présentent pas de problème d'immunodéficience.

Pour la compagnie par contre, ce sont des animaux très sympas, généralement calmes et avec seulement quelques conseils de maintenance, un débutant averti peut très bien s'en sortir.





a) Le fuzz (et fuzz d'apparence nue), code génétique : fz/fz, situé sur le chromosome 1

Extrait du livre \"handbook of mouse with skin and hair abnormality" traduit par Nélo avec l'aide de Google XD a écrit:
En 1950,T.C. Carter et R.S. Phillips découvrent une nouvelle mutation chez la souris domestique en croisant deux lignées parallèles (ayant au moins un ancêtre en commun). Cette nouvelle mutation fut nommée "Ichtyosis" et codée ic (l'Ichtyose est une maladie de peau, chez l'homme elle se traduit par un épaississement de la couche dermique, qui s'assèche et desquame en continue, donnant l'apparence d'une peau de crocodile couverte de crevasses).
Cette mutation est autosomale récessive et à été localisée sur le chromosome 1.

Ils observent à l’œil nu que les souris homozygotes "icic" (que nous nommons fz/fz), sont généralement plus petites que leurs congénères "normales" de référence, même lorsque celles-ci sont hétérozygotes ic (fz). Ils observent parfois une rétractation de leur lèvre inférieure.
La fourrure sur le corps est clairsemée, voire inexistante selon l'intensité de l'expression du gène. Les vibrisses sont courtes et bouclées. La peau du torse est souvent sèche avec une très fine couche de squames blanches. Les paupières peuvent être épaissies et leurs griffes pousser d'avantage que leurs congénères poilus de référence. Leur queue est couverte elle aussi d'une fine couche de squame qui la fait apparaitre progressivement comme "annelée". Le phénomène peut être exagéré si on maintient les animaux dans un environnement très sec.
Selon les souches, l'intensité de l'expression du gène varie.

Au microscope, ils s’aperçoivent que individuellement, les poils sont inégaux et d'épaisseurs diverses sur toute leur longueur. La moelle du poil est irrégulière avec une distribution anormale des granules de mélanine. Le patron agouti (alternance de clair et de foncé) de la souris sauvage de référence est absent (visuellement) et ceci peut être accentué sous une lumière polarisée. (Personnellement j'ai toujours eu du mal à voir l'agouti sur du fuzz, mais je trouve qu'on y parvient quand même lorsqu'ils ont des poils assez longs).
Un examen de la fourrure par microscopie électronique à balayage a révélé des cuticules défectueuses ou absentes (je pense que par "cuticules" ils veulent dire "écailles" pour parler des écailles qui recouvrent chaque poil).
L'épiderme tronculaire (tronculaire : en rapport avec un tronc nerveux ou vasculaire, je pense qu'ici on parle simplement de la peau du corps) est légèrement épaissi sur les souris icic (fz/fz).
Les canaux pilaires sont dilatés et peuvent abriter des colonies de bactéries (attention aux boutons et abcès).
la cuticule de la gaine épithéliale interne et les tiges capillaires ne se développent pas normalement, ce qui entraîne la formation de tiges capillaires anormales dans les canaux pilaires du pelage, mais aussi des vibrisses.

Cette mutation a plusieurs caractéristiques de l'ichtyose vulgaris humaine, de l'ichtyose lamellaire et du psoriasis, mais ce n'est un modèle pour aucun d'entre eux.
la queue annelée ressemble à la conséquence de la maladie héréditaire de ainhum ou pseudoainhum, bien que la cause semble être différente.
De récentes réévaluations des caractéristiques morphologiques et biochimiques de la tige du poil indiquent que la mutation ichtyose de la souris a de nombreuses similitudes avec les maladies capillaires héréditaires humaines connues comme trichothiodystrophie, un groupe de maladies qui comprend certains cas de patients avec un type d'ichtyose. La maladie humaine est très pléomorphe (? gné ?) et de plus vastes analyses biochimiques, qui sont en cours, sont nécessaires avant que la mutation de la souris et celle des patients humains atteints du type spécifique de trichothiodystrophie puissent être comparés afin de déterminer quelle est la maladie homologue chez l'homme.

En laboratoire, cette mutation a eu une utilité limitée, étant donné qu'elle ne ressemble étroitement à aucune maladie humaine spécifique. Son nom trompeur "Ichtyose" a probablement empêché de nombreux scientifiques de l'utiliser pour d'autres sortes de recherches. La fourrure presque absente des adultes associée à l'épiderme et les follicules pileux relativement normaux, comparativement aux mutations hairless et rhino, en aurait probablement fait une souris plus intéressante à utiliser pour les manipulations en rapport avec l'épiderme.
La mutation de l'ichtyose a été récemment utilisée parmi un panel de mutations de la souris présentant des défauts de la peau et de la fourrure dans le but d'enquêter sur le rôle des produits chimiques cancérogènes sur les follicules pileux. Ces souris peuvent se révéler des modèles biologiques plus utiles et de meilleure qualité pour étudier les produits cancérogènes et l'effet des UV que les souris sans poils, qui sont actuellement largement utilisés à ces fins.

Pour résumer :
Selon les individus, les souris fuzz ont parfois une fourrure dense, parfois elles semblent nues. Les fuzz angora ont une fourrure dense et longue qui peut ressembler à de la moquette, cependant elle n'est pas forcement régulière.
La différence entre une nude, une hairlesse et une fuzz peut alors sembler difficile à voir lorsqu'on a affaire à une fuzz d'apparence nue, cependant une fuzz se couvre de poils courts et ondulés dans ses premières semaines de vie, même pour celles qui sembleront nues à l'age adulte. Elles ne muent pas de façon aussi spectaculaire que les hairless, mais on peut observer une modification de la fourrure avec le temps qui forme des plaques de poil plus ou moins denses, ou qui raccourcit jusqu'à presque disparaitre. Ceci s'explique par l'irrégularité de leurs poils.
Une souris fuzz à TOUJOURS des moustaches et elles sont TOUJOURS bouclées et souvent plus courtes que la normale (sauf chez les fuzz angora, qui ont des moustaches plus longues).
Leurs griffes peuvent pousser de manière anarchique, mais ayant possédé à la fois des fuzz et des hairless, je peux affirmer que le problème est bien moins important chez les fuzz que chez les hairless.



Je n'ai trouvé aucun article scientifique parlant d'un quelconque problème de lactation ou d'allaitement chez les souris fuzz, mais beaucoup de gens continuent d'affirmer que des problèmes de ce genre sont plus fréquent chez les femelles fuzz que chez les femelles poilues. Je ne peux pas être plus précise sur le sujet pour le moment.

Les souris fuzz n'ont aucun problème d'immunité lié à leur mutation de poil.

Hors Sujet : Actuellement, je recherche des informations sur les problèmes d'allaitement et de lactation chez les souris de tout types (poilues, non poilues, fuzz, rex, rosettes...) si vous souhaitez participer à mon humble recherche, votre participation est bienvenue. Contactez-moi par MP.

Même si les souris fuzz n'ont apparemment pas de trouble de santé associé à leur type de poil, n'oubliez pas que selon les souches, des maladies, des faiblesses ont pu être sélectionnées aussi.

Adopter une souris fuzz n'est pas une garantie contre les problèmes de santé, tout comme n'importe quelle souris.



J'espère que cet article sur la nudité chez la souris de compagnie vous aura éclairé sur ces variétés passionnantes.

Souricalement, à très vite sur le fofo.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://nuclearmousery.free.fr/
 
La nudité chez la souris : nude, hairless et fuzz
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» La nudité chez la souris de compagnie
» Interruption de gestation chez la souris
» Quels sont les symptomes de la gestation chez la souris ?
» La notion de douleur chez nos souris
» Viens chez moi, j'habite chez mes souris !...

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Nuclear Mousery :: Autour des Nuclear Mice :: Mes articles (my articles)-
Sauter vers: